La finance alternative en Europe

Comme chaque année, Investbook participe à l’étude sur la finance alternative en Europe menée par l’Université de Cambridge. Nous vous résumons ici les principales tendances.

269 plateformes, 45 pays.

L’étude porte sur 269 plateformes en Europe issues de 45 pays. Elle couvre la finance alternative en ce compris 13 familles dont le crédit à la consommation, l’affacturage, le prêt aux entreprises, le crowdfunding immobilier, le crowdequity, le crowdfunding obligataire, le don… et hors fonds institutionnels de prêts et de cagnottes en ligne. A noter que l’étude ne couvre pas le Royaume-Uni qui a lui seul représente 7 milliards d’euros.

3,4 milliards d’euros, +63%.

Hors Royaume-Uni, la finance alternative en Europe a connu en 2017 une croissance de +63% pour atteindre 3,4 milliards d’euros. Entre 2013 et 2017, la croissance moyenne en Europe a été de +80% par an.



Les principaux modèles de la finance alternative en Europe continentale.

Crédit à la consommation : 41% des volumes à 1,4mds€ (+100%)

Affacturage en ligne : 16% des volumes à 536m€ (+113%)

Prêts aux entreprises : 14% des volumes à 467m€ (+33%)

Crowdfunding immobilier : 8% des volumes à 259m€ (+138%)

Crowdequity : 6% des volumes à 211m€ (-4%)

Crowdfunding en récompenses : 5% des volumes à 159m€ (-17%)

Crowdfunding obligataire : 2% des volumes à 75m€ (+226%)

Crowdfunding de dons : 1,6% des volumes à 53m€ (+66%)

Les entreprises et les émissions d'obligations au coeur de la finance alternative.

La finance alternative à destination des entreprises continue de croitre fortement, comptant pour 1,7mds€ (+500m€) et ayant permis de financier 24.000 sociétés en 2017 (+9.586 sociétés).

La plus forte croissance observée concerne le crowdfunding obligataire des entreprises (+226% à 75m€). Sur ce marché de niche où les besoins des PME en émissions d'obligations restent encore non couverts par les acteurs financiers traditionnels, peu de plateformes interviennent en Europe, elles sont au nombre de 14. Le potentiel de croissance sur ce marché est encore très important, soutenu par des transactions de plus en plus élevées en valeur (les plafonds de placements privés sont progressivement augmentés par les régulateurs de chaque pays), par des opportunités toujours plus nombreuses, grâce notamment à l’internationalisation des plateformes et au passeport européen des mouvements de capitaux, sans oublier l’évolution de la réglementation en matière d’épargne, les titres obligataires étant par exemple éligibles depuis peu au PEA-PME en France.

La France, championne d’Europe de la finance alternative.

La France se place en première position des volumes collectés, avec 661m€ en 2017. Suivent l’Allemagne (559m€), les Pays-Bas (280m€), l’Italie (240m€) et la Finlande (197m€).



Vers une maturité de la finance alternative.

Nous pouvons également noter que le marché de la finance alternative gagne en indépendance, ce marché étant de plus en plus sollicité par les épargnants, qu’ils soient du grand public ou fortunés, leur comportement en matière de placements financiers évolue. Ainsi, la participation des acteurs institutionnels (gestionnaires d’actifs, banques, assurances) est en forte baisse. Par exemple, ils représentaient 45% des fonds collectés sur le crédit en ligne à la consommation en 2016 vs 12% en 2017. Sur l’affacturage, ce ratio était de 68% en 2016 vs 22% en 2017. La consolidation du marché et le rachat de quelques acteurs par des institutions financières ont probablement aussi joué un rôle important.

Pour découvrir l'étude complète réalisée par l'Université de Cambridge, cliquez ici.